frank ilud 29 décembre 2025

L’ancien dictateur syrien vit désormais en Russie dans une opulence discrète, révélant les contradictions de Moscou entre protection de ses alliés et realpolitik au Moyen-Orient.

Un an après la chute du clan Assad et sa fuite vers Moscou en décembre 2024, de nouveaux éléments émergent sur leur vie en Russie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la famille ne manque de rien.

Protégé par le Kremlin, mais contraint au silence, l’ancien maître de Damas et ses proches mènent une existence confortable, soutenue par une immense fortune accumulée au fil de décennies de pouvoir — de l’ère Hafez à celle de Bachar, entamée en 2000 —, selon des informations du New York Times (NYT).

Le quotidien américain, s’appuyant sur des témoignages d’ex-proches du régime et sur leurs traces numériques, décrit un exil « paisible », ponctué de séjours dans des hôtels et résidences de grand luxe.

Si Bachar al-Assad demeure discret, son frère Maher, ancien commandant de la redoutable 4ᵉ division, se montre plus présent. D’après plusieurs sources, dont d’anciens officiers, il aurait été aperçu à plusieurs reprises dans des tours résidentielles étincelantes du quartier d’affaires de Moscou.

Une jeunesse dorée entre Moscou, Dubaï et Abou Dhabi

Alors que la Syrie s’est effondrée sous les bombes, les sanctions et la crise économique, les enfants Assad semblent mener une vie aux antipodes du quotidien des Syriens restés dans le pays.

Selon des sources proches de Maher al-Assad, citées par le NYT, les Assad auraient conclu un accord discret avec des responsables émiratis afin de permettre aux enfants de s’installer durablement dans la région du Golfe.

À Dubaï — décrite par l’analyste géopolitique Ulrich Bounat comme une plaque tournante des capitaux douteux —, Sham al-Assad, fille de Maher, a fêté en novembre 2024 ses 22 ans lors d’une célébration en deux temps : un dîner somptueux dans un restaurant français décoré à la feuille d’or, suivi d’une soirée sur un yacht privé baptisé Stealth Yacht.

Une famille dans une cage dorée

Un tel train de vie fait, d’après LCI, écho aux révélations parues dans la presse en 2018-2019, selon lesquelles le régime Assad aurait convoyé par avion environ 2 tonnes de billets de 100 et 500 dollars vers la Russie.

Ces fonds auraient notamment servi à l’achat d’une dizaine d’appartements dans la capitale russe, placements stratégiques qui s’avèrent sans doute aujourd’hui providentiels pour l’ancien dictateur déchu, selon la chaîne de télévision française.

« Monsieur Bachar al-Assad tenait le pouvoir en Syrie, mais préparait ses arrières comme on dit. Il se disait qu’à un moment ou un autre, ça pouvait sauter« , explique Jean-Dominique Merchet, journaliste défense et diplomate.

La situation actuelle de la famille à Moscou illustre toutefois les limites de cette liberté apparente. Son épouse, Asma, atteinte d’une leucémie, aurait souhaité se faire soigner au Royaume-Uni, mais les autorités russes lui auraient refusé toute autorisation de sortie du territoire.

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