L’Égyptienne Hajar Abdelkader a défrayé la chronique la semaine dernière en intégrant le tableau principal d’un tournoi malgré un niveau jugé très insuffisant. Résultat : une lourde défaite 6-0, 6-0 expédiée en 37 minutes chrono.
Elle n’aura inscrit au total que trois points, dont deux offerts par les doubles fautes de son adversaire, l’Allemande Lorena Schaedel, 1024e mondiale au classement WTA. Une performance qui illustre le niveau très limité affiché par Hajar Abdelkader, mercredi 7 janvier, lors du premier tour d’un tournoi W35.
Placée sous l’égide de la Fédération internationale de tennis (ITF), cette épreuve dotée de 35 000 dollars de récompense constitue une étape essentielle pour les joueuses situées hors du top 300 mondial, un palier professionnel où s’affirment les talents émergents.
Pour Abdelkader, en revanche, la participation a mis en lumière un niveau de jeu extrêmement faible. Âgée de 21 ans, la joueuse égyptienne, entrée dans le tournoi grâce à une wild card – une invitation directe sans passer par les qualifications – accordée par Tennis Kenya, s’est couverte de ridicule.
Une déroute qui interloque le monde du tennis
Ce qui a surtout frappé les observateurs, ce n’est pas tant la sévérité du score que la prestation sur le court. Les statistiques témoignent d’un naufrage : 20 doubles fautes, aucun engagement maîtrisé, une mobilité quasi absente et, plus préoccupant encore, une méconnaissance évidente des règles de base.
Les séquences devenues virales sur les réseaux montrent une joueuse perdue sur les gestes essentiels : lancer de balle hasardeux, positionnement incertain, au point que le juge de chaise a dû, à plusieurs reprises, lui indiquer où se placer.
Sur le papier pourtant, le profil de la jeune femme semblait sérieux. Sa fiche sur le site de l’ITF, consultée par L’Équipe, mentionne une pratique du tennis depuis l’âge de 14 ans. Aucun antécédent n’apparaît toutefois ni sur le circuit junior ni dans les archives professionnelles, laissant planer un flou total sur son véritable parcours avant cette apparition kényane.
Les organisateurs assument leur erreur
Reste une question : comment une joueuse aussi peu aguerrie a-t-elle pu obtenir une place dans un tableau principal professionnel ? Dans un communiqué adressé à plusieurs médias, Tennis Kenya a expliqué que la wild card d’Abdelkader avait été attribuée en remplacement de dernière minute, après le retrait inattendu d’une autre participante.
« À ce moment-là, Abdelkader était la seule à avoir sollicité une invitation. La décision a été prise sur la base des informations disponibles, afin de conserver un tableau complet tout en soutenant le développement du tennis en Afrique », ont justifié les organisateurs.
Cette justification, loin d’apaiser les critiques, a soulevé de nouvelles questions embarrassantes. Pourquoi une professionnelle vérifiée n’a-t-elle pas été choisie ? Pourquoi la Fédération nationale n’a-t-elle pas été consultée ? Et surtout, pourquoi la diligence raisonnable, cette vérification minimale des qualifications d’un participant, a-t-elle été totalement ignorée ?


