frank ilud 1 février 2026

La désignation de cet ex-gouverneur de la Fed pourrait bien traduire la volonté du président américain de marquer son désaccord avec la politique de taux d’intérêt menée par Jerome Powell.

Donald Trump qui ne doit certainement plus tenir en place à l’idée de voir Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine, a d’ores et déjà désigné son successeur potentiel en la personne de Kevin Warsh. L’annonce, révélée le 30 janvier dernier, attise depuis la curiosité dans les milieux économiques et politiques.

D’emblée, il faut rappeler que Kevin Warsh n’est pas un inconnu dans la sphère monétaire américaine. Diplômé de Harvard Law School et de l’université Stanford, cet homme de 55 ans a entamé sa carrière chez Morgan Stanley avant de rejoindre, en 2000, la Maison-Blanche de George W. Bush en tant que conseiller économique.

Six ans plus tard, le président républicain le nommait gouverneur de la Réserve fédérale, faisant de lui, à seulement 35 ans, le plus jeune membre du Conseil des gouverneurs de l’histoire de l’institution.

Un critique de la politique monétaire expansionniste

Ce qui caractérise avant tout Kevin Warsh, c’est sa posture de critique implacable de la Réserve fédérale. Depuis qu’il a quitté l’institution, il n’a cessé de dénoncer ce qu’il considère comme des dérives dangereuses.

L’une des principales raisons de son départ en 2011 était précisément son opposition farouche au programme d’assouplissement quantitatif (QE), cette politique monétaire ultra-expansionniste mise en place après la crise financière de 2008.

Pour Warsh, le QE est allé beaucoup trop loin et a élargi de manière excessive le périmètre d’action de la Fed. Il estime que la banque centrale doit se concentrer sur sa mission première, la lutte contre l’inflation, et abandonner ce qu’il qualifie de « mission creep », cet élargissement progressif et insidieux de ses attributions.

Warsh prône un retour à une Fed plus petite, avec un bilan considérablement réduit, voire un retour à l’ancien système de réserves rares. Il estime également que les responsables de la Fed communiquent trop, créant une confusion inutile sur les marchés.

Un exercice politique délicat

L’expérience et le profil préalable de Kevin Warsh devraient théoriquement faciliter son parcours vers la confirmation. Pourtant, le contexte actuel transforme ce qui aurait pu être une nomination de routine en un exercice politique délicat.

La question centrale ne porte pas sur ses compétences, mais sur la réaction des sénateurs républicains, dans un climat marqué par l’enquête fédérale visant Jerome Powell — persona non grata aux yeux de Donald Trump — et par les tensions entourant la Fed.

Les démocrates, lors des auditions, ne manqueront sans doute pas d’insister sur un point : Kevin Warsh préservera-t-il l’indépendance de la Réserve fédérale, ou suivra-t-il la ligne du président qui souhaite l’y placer ?

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