Le milliardaire américain a renoncé à prendre la parole lors de l’India AI Impact Summit, quelques heures seulement avant le discours d’ouverture qu’il devait y prononcer, alors que son nom reste entaché par les soupçons de liens avec Jeffrey Epstein, le délinquant sexuel décédé en détention.
Alors que sa participation au Sommet sur l’impact de l’intelligence artificielle en Inde (India AI Impact Summit 2026) figurait parmi les moments phares de cet événement majeur rassemblant des délégations de plus de soixante pays et près de 70 000 participants, Bill Gates s’est désisté à la dernière minute, jeudi 19 février.
« Après mûre réflexion, et afin que le sommet reste centré sur ses priorités clés, M. Gates ne prononcera pas son discours d’ouverture », a indiqué sa Foundation dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
C’est finalement Ankur Vora, responsable des bureaux Afrique et Inde de la Fondation, qui a été chargé de représenter l’organisation lors de la séance prévue. L’annonce a immédiatement relancé les spéculations, d’autant que la Fondation avait, quelques jours plus tôt, nié catégoriquement les rumeurs évoquant un éventuel désistement du cofondateur de Microsoft.
La controverse Epstein en filigrane
Si le communiqué de la Foundation évite soigneusement de mentionner les raisons précises de ce retrait de dernière minute, les sources gouvernementales indiennes n’avaient, elles, guère fait preuve de la même retenue ces derniers jours.
Interrogé par la chaîne de télévision India Today, le ministre de l’Union Ashwini Vaishnaw avait évoqué une « décision personnelle » de Bill Gates, une formulation perçue, dans le contexte, comme un avertissement à peine voilé.
L’affaire trouve en effet son origine dans la réapparition du nom de Bill Gates dans les dossiers liés à Jeffrey Epstein. Le mois dernier, le Département américain de la Justice a publié des courriels révélant des échanges entre des collaborateurs de la Fondation Gates et le financier américain reconnu coupable d’abus sexuels et mort en prison en 2019.
Une réputation durablement écornée ?
Ces documents révèlent qu’Epstein se serait servi d’informations compromettantes sur une supposée infidélité de Bill Gates pour le pousser à investir dans un fonds de biotechnologie dirigé par l’un de ses conseillers.
L’entourage de Gates rejette, dans des propos rapportés par Reuters, catégoriquement ces accusations, dénonçant une tentative d’Epstein de s’inventer un rôle et une influence qu’il n’a jamais eus auprès du milliardaire. Selon eux, il s’agit d’une pure fabrication destinée à gonfler artificiellement l’importance d’Epstein dans les cercles du pouvoir.
Le fondateur de Microsoft avait précédemment indiqué que ces rencontres avec le criminel sexuel constituaient « une erreur », tout en insistant sur le fait que leur relation se limitait strictement à des échanges liés à la philanthropie.


