frank ilud 23 mars 2026

Le président américain affirme qu’un ancien chef d’État lui aurait confié regretter de ne pas avoir lui-même frappé Téhéran. Problème : les quatre présidents encore en vie nient tous catégoriquement.

Mais avec quel ancien locataire de la Maison-Blanche Donald Trump aurait-il échangé à propos de la guerre en Iran ? La question se pose alors que le président américain affirme qu’un de ses prédécesseurs lui aurait confié son admiration pour l’offensive lancée le 28 février contre Téhéran.

« J’ai parlé à un certain président que j’aime bien, en fait. Un ancien président, il m’a dit : “J’aurais aimé le faire. J’aurais aimé le faire.” Mais ils ne l’ont pas fait. Moi, je le fais. Hein ? » a déclaré le dirigeant républicain, le 16 mars dernier, lors d’un déjeuner avec les membres du conseil du Kennedy Center.

Prié de révéler le nom de ce mystérieux interlocuteur, Trump a éludé la question, tout en précisant qu’il ne s’agissait pas de George W. Bush.

« Je ne veux pas le dire, parce qu’il fait partie d’un parti, d’un parti dont les membres souffrent du syndrome de dérangement anti-Trump. Mais c’est quelqu’un qui m’apprécie, et que j’aime bien aussi, une personne intelligente, qui m’a dit : “J’aurais aimé le faire.” D’accord ? Mais je ne veux pas entrer dans les détails ni lui créer des ennuis » a-t-il expliqué.

Un démenti général

Reste qu’aucun des anciens présidents américains encore en vie — et donc potentiellement concernés — ne semble endosser ces propos.

Selon NBC News, l’entourage de George W. Bush affirme « ne pas avoir été en contact » avec Trump. Celui de Bill Clinton assure qu’il n’est pas la personne évoquée, tandis qu’un proche de Barack Obama indique qu’aucune discussion récente n’a eu lieu entre eux.

Une autre source proche du dossier précise par ailleurs  que Joe Biden n’est pas non plus l’ancien président en question. Pour David Drucker, analyste senior au Dispatch et contributeur à MSNBC, ce type de récit suit un schéma bien rodé.

Trump, dit-il, a l’habitude de citer des sources anonymes — « un ami », « un président », « quelqu’un de très important » — pour appuyer soit une plainte, soit un compliment dont il est lui-même le destinataire.

Un storyteller en chef qui préfère l’anecdote à l’argument

Ces anecdotes sont presque toujours impossibles à vérifier et, quand elles le sont, elles s’effondrent. Drucker ironise d’ailleurs en suggérant que Trump regardait peut-être son propre reflet lorsqu’il a eu cette « conversation », étant à la fois ex et actuel occupant de la Maison-Blanche.

Ce qui interpelle l’analyste, ce n’est pas tant le mensonge en soi que la stratégie défaillante qu’il met en lumière. Accusé d’avoir cédé aux pressions israéliennes tout en contournant le Congrès, Trump dispose pourtant d’arguments défendables pour justifier ses frappes contre l’Iran, même s’ils demeurent impopulaires.

Les électeurs, rappelle Drucker, veulent qu’on leur parle franchement, pas qu’on leur vende une guerre aux conséquences déjà sensibles dans leur vie quotidienne, comme s’il s’agissait d’une simple opération de marketing.

Leave a comment.

Your email address will not be published. Required fields are marked*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.