frank ilud 23 mars 2026

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie, a réussi le tour de force de maintenir l’Hôtel de Ville de la capitale française dans le camp progressiste, en dépit d’un retard numérique sur son concurrent de droite à l’issue du premier tour, et du maintien en compétition de la candidate issue de la gauche radicale.

« Grâce à cette large mobilisation, l’Union des droites ne dirigera pas Paris ». Devant des sympathisants exaltés, Emmanuel Grégoire, tout juste élu maire de la capitale, a prononcé dimanche 22 mars 2026, au terme du second tour des élections municipales, un discours empreint de triomphe et d’émotion.

Il faut dire que la soirée lui a offert une victoire éclatante. Le député de Paris et ancien conseiller municipal a réussi l’exploit de rapporter à la gauche son meilleur score dans la capitale depuis 2001.

Une réussite d’autant plus notable qu’elle survient au terme d’une bataille acharnée au sein de sa propre famille politique. Le nouvel édile a dû en effet composer avec le soutien pour le moins mesuré d’Anne Hidalgo, la maire sortante, qui privilégiait un autre socialiste en la personne du sénateur Rémi Féraud.

Une victoire au nez de La France Insoumise

Le scrutin a mis en évidence une ligne de fracture nette : d’un côté, le programme défendu par Grégoire et ses alliés ; de l’autre, une coalition des droites emmenée par Jordan Bardella, Marine Le Pen, Sarah Knafo et surtout Rachida Dati, maire sortante du 7ᵉ arrondissement et ancienne ministre.

C’est cette alliance que les électeurs parisiens ont massivement écartée, permettant à la gauche unie – sans la France insoumise, dont la candidate Sophia Chikirou s’est maintenue jusqu’au second tour – de conserver la direction de la municipalité avec plus de 50 % des suffrages.

« Tout dans l’âme de notre capitale rejette l’idée d’un Paris rabougri, l’idée d’un Paris qui trie ses habitants. (…) Paris n’est pas et ne sera jamais une ville d’extrême droite », a martelé le nouveau maire.

Une cuisante défaite pour Rachida Dati

Si la victoire est nette, le nouveau maire de Paris sait qu’elle ne lui donne pas un chèque en blanc. Son adversaire défait l’a d’ailleurs dit sans détour dans son discours de concession : la nouvelle majorité « ne pourra pas ignorer les attentes de changement exprimées par plusieurs centaines de milliers de Parisiens ».

Une remarque à peine voilée, qui ouvre déjà la voie à une opposition résolue. Pour Rachida Dati, c’est une nouvelle désillusion – la seconde après celle de 2020 – dans sa tentative d’accéder à l’Hôtel de Ville. Ce revers a un goût amer pour l’ancienne ministre de la Culture. Après avoir éliminé toute contestation interne à droite, elle bénéficiait cette fois du soutien explicite du président Emmanuel Macron.

À cela s’ajoute une réforme électorale imposée à marche forcée, qui ne lui aura finalement apporté aucun avantage. « Je n’ai pas su convaincre suffisamment que le changement était non seulement possible, mais nécessaire », a reconnu celle qui doit comparaître en septembre dans le cadre d’accusations de corruption liées à l’affaire Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault-Nissan.

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