Opiniatre 7 juin 2018

Depuis quelques semaines, le nom de Tariq Ramadan est affiché dans tous les médias. Cet islamologue et théoricien a été mis en examen pour le viol de deux femmes. Il est entendu depuis plusieurs jours par les enquêteurs. Sa première victime, Henda Ayari parle de son traumatisme dans “Plus jamais voilée, plus jamais violée“.

La parole de Henda Ayari  

Il est parfois moins difficile d’exprimer ses maux sur du papier. Henda Ayari, la première femme a avoir accusé publiquement Tariq Ramadan de viol, publie un livre alors même que l’islamologue est entendu par le juge d’instruction. “Plus jamais voilée, plus jamais violée” évoque l’agression dont elle été victime. Elle souhaite que Tariq Ramadan “assume ce qu’il a fait, qu’il raconte la vérité et qu’il reconnaisse l’avoir agressée“.

Deux autres femmes ont porté plainte contre l’islamologue suisse. “Cela ressemble étrangement à ce que moi-même j’ai subi. J’ai l’impression que c’est toujours les mêmes modes opératoires et qu’il se comporte de façon très très violente dans l’intimité“, estime Henda Ayari. Elle considère que Tariq Ramadan “a un pouvoir sur certaines femmes qui ont des profils assez similaires, des personnes fragilisées, isolées, qui ont des parcours difficiles. Il abuse de ce pouvoir qu’il a. On revoit à chaque fois les mêmes scènes de violence, cette manière de dominer, cette manière de rabaisser, cette manière d’être très violent, de soumettre la femme“, explique Henda Ayari.

Une accusation en deux temps

Alors qu’à l’automne dernier la plaignante accusait Tariq Ramadan de l’avoir violée aux alentours du printemps 2012, elle est revenue sur ses déclarations. Henda Ayari affirme qu’elle a été violée en mai 2016, à l’hôtel Crown Plaza de la place de la République à Paris. “Je n’ai effectivement pas noté le jour où a eu le viol, ni l’endroit, parce que je ne pensais jamais que je trouverais la force un jour de porter plainte“, rapporte la militante féministe.

Un revirement dont a profité l’avocat de Tariq Ramadan pour faire évoluer sa défense. Toutefois, Henda Ayari considère qu’il essaye de la “faire passer pour une menteuse, pour une folle, c’est une manière de défendre son client“.

 

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