Tim P 12 avril 2019
Gita Gopinath au au Spring Meetings 2019

Dans un entretien accordé à Reuters, Gita Gopinath, l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), a indiqué que d’éventuels droits de douane américains sur l’automobile pourraient être très dommageables à l’économie mondiale que les tensions commerciales entre Pékin et Washington. Elle plaide donc pour une résolution rapide et durable des tensions afin de soutenir les prévisions du FMI.

« Nous sommes inquiets des tarifs douaniers »

Si les droits de douanes américains sur l’automobile devaient être appliqués, ils seraient très dommageables pour l’économie mondiale, a soutenu Gita Gopinath, l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI). « Nous sommes inquiets de ce que des tarifs douaniers sur l’automobile pourraient faire à l’économie mondiale à un moment où nous sommes plutôt dans une phase de reprise » a-t-elle déclaré d’emblée. Puis d’ajouter que : « Donc ce serait de fait beaucoup plus coûteux pour l’économie mondiale que simplement les tensions commerciales que nous avons entre les Etats-Unis et la Chine ».

Washington agite le torchon rouge

En effet, pour l’enseignante à l’Université de Harvard, les droits de douanes concoctés par Washington pénaliseraient les exportations de beaucoup de pays et provoqueraient une levée de barrières douanières en représailles sur des produits américains par plusieurs partenaires commerciaux des Etats-Unis. Pourtant cette sombre perspective n’inquiète pas le locataire de la Maison Blanche. Donald Trump a annoncé la mise en place de tarifs douaniers de l’ordre de 25% sur les importations de voitures et de pièces détachées automobiles et il y tient. Il dit notamment s’insurger contre l’attitude de l’Union Européenne qui financerait illégalement Airbus, son constructeur aéronautique.

Le président américain a admis qu’il utilisait l’éventualité d’une imposition de droits de douanes comme d’un levier de pression sur les partenaires occidentaux. Cette menace aurait le bénéfice de précipiter les négociations commerciales.

Le commerce, principale menace

Mais pour le FMI, la politique de coercition américaine risque d’impacter négativement l’économie mondiale au second semestre 2019. Or l’institution internationale table sur un rebond de la croissance mondiale, soutenue notamment par le répit marqué par la Réserve fédérale dans le relèvement de ses taux d’intérêt.

Bien que la prévision soit « précaire », tous les voyants sont au vert. La principale menace étant le commerce, suivi par la hausse de l’endettement des Etats et des entreprises, les tensions sur certains grands pays émergents et le Brexit.

Une résolution rapide et durable des tensions

D’où l’importance d’emmener les Etats Unis à calmer le jeu avec l’Union Européenne, mais également avec la Chine. Sur ce dernier point, des négociations sont en cours, à la fois à Washington et à Pékin, pour une levée des sanctions qui coûteraient 250 milliards de dollars à la Chine.

« Nous plaidons en faveur d’une résolution rapide et durable des tensions commerciales » et « Pas quelque chose qu’il faudra revoir tous les trois ou six mois », a souhaité Gita Gopinath, qui connait sans doute le tempérament de Donald Trump.

 

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