Sylvie Lucille 18 novembre 2019
Les travailleurs précaires sont généralement des hommes, âgés en moyenne de 46 ans

 

Selon une enquête dévoilée lundi 18 novembre 2019, de plus en plus de travailleurs précaires, avec un faible revenu, dorment dans le métro parisien. Plus d’un quart d’entre eux sont sans logement depuis au moins dix ans, près de la moitié depuis au moins cinq ans et les trois quarts depuis plus d’un an.

En majorité des hommes seuls, francophones et âgés de 46 ans en moyenne

Le métro parisien n’est pas seulement le repaire des sans-abri, généralement âgés et sans emplois. Il devient également l’endroit où les travailleurs pauvres dorment. En effet, d’après une enquête menée de décembre 2018 à août 2019 par la RATP et l’observatoire du Samusocial de Paris, de plus en plus de travailleurs précaires, avec un faible revenu, dorment dans le métro parisien. Plus d’un quart affirment être sans logement depuis au moins dix ans, près de la moitié depuis au moins cinq ans et les trois quarts depuis plus d’un an.

Qu’en est-il du profil ? Selon l’enquête cofinancée par la région Ile-de France, les travailleurs précaires du métro parisien sont majoritairement des hommes seuls (82%), francophones, âgés de 46 ans en moyenne. Un tiers déclarent avoir des revenus : pour 20% d’entre eux tirés du travail, 6% de leur retraite et 3% du chômage.

« Ils y passent la nuit mais travaillent la journée, ou l’inverse »

Parmi les 714 sans-abri recensés dans la quasi-totalité (289) des stations du métro parisien, seuls 7% disent y rester toute la journée et font partie de cette classe d’occupants, souvent clochardisés, facilement repérable par le grand public. Quant aux autres, « Ils y passent la nuit mais travaillent la journée, ou l’inverse », explique Odile Macchi, sociologue à l’observatoire du Samusocial. « Entre 6h et 8h du matin, dormir représente l’activité principale (50 % des sans-abri recensés). A partir de 18h, la majorité (60 %) des sans-abri n’avaient aucune activité et la part de mendiants était la plus forte (18 %) », détaille encore l’enquête.

Une santé également précaire

En outre, plus de 30% des sans-abri du métro affirment être « en mauvais ou très mauvais état de santé », soit près de deux fois plus que dans l’enquête nationale de référence sur les sans-domicile, réalisée en 2012 par l’Insee (17%). Quelque 30% encore disent être limités dans leurs activités quotidiennes (manger, marcher) dont 20% de manière forte. Et comme bien souvent, précarité rime avec consommation d’alcool. Un tiers ont admis boire de l’alcool plus de quatre fois par semaine. Un quart d’entre eux ont même pris de la drogue ou des médicaments détournés au cours des douze derniers mois : 20 % du cannabis, 14 % de la cocaïne ou du crack et 7 % des opiacés.

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