Rachelle Ledur 18 août 2021

La prise de Kaboul par les talibans résonne au sein d’une classe politique française qui, comme souvent, s’illustre par des divergences à propos des conséquences potentielles de cette crise sur l’hexagone.

L’opinion a désormais une idée de ce que pense la France de la situation afghane et de ses incidences en Europe. Le chef de l’État du pays est clair : la crise politique en cours à Kaboul doit contraindre Paris et ses partenaires internationaux à redoubler de vigilance contre les flux migratoires irréguliers à venir. Le constat fait à travers une allocution télévisée le 16 août dernier par Emmanuel Macron a de quoi fait sursauter nombre de responsables politiques français de premier plan.

Manque d’empathie

Depuis ce discours en effet, la polémique n’en finit plus. Une partie de l’opposition, dont la gauche, est sidérée par cette froideur d’Emmanuel Macron face à une situation qui appelle pourtant selon elle, à avoir d’abord de l’empathie. Comment comprendre que le premier responsable d’un pays qui a comme devise liberté, égalité, fraternité, puisse voir à travers le sort des couches vulnérables (femmes et enfants) en déshérence à Kaboul, non pas des victimes d’un ordre islamiste sans concession, mais de potentiels envahisseurs d’une Europe devenue maîtresse dans l’art de se barricader, se demande la gauche française.

Au Parti socialiste et à la France Insoumise notamment, l’indignation est à son comble, d’autant qu’il est apparu ces derniers jours qu’avec un peu plus de 6 000 refus de demande d’asile, la France est dans le top 5 des pays européens ayant le plus grand nombre d’Afghans expulsés entre 2008 et 2020, selon Eurostat.

Éviter la naïveté

Macron en proie à une véritable volée de bois vert peut toutefois compter sur sa famille politique et la droite. Cette dernière notamment estime à travers nombre de ses élus que la prise du pouvoir des talibans présage d’une menace supplémentaire dans la lutte contre le terrorisme islamiste au-delà même des frontières afghanes. L’Afrique dont la zone sahélienne lutte contre ce fléau depuis plusieurs années, est particulièrement pointé du doigt par l’égérie de l’extrême droite et challenger du chef de l’État à la présidentielle de 2022, Marine Le Pen.

D’où le plaidoyer du parlementaire Éric Ciotti en faveur d’une politique ferme et sans naïveté de la part des Européens et de la France en particulier. Car estime-t-il, Paris a souvent minoré le danger que pourrait représenter les mouvements migratoires au départ de l’Afghanistan.

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