Rachelle Ledur 15 décembre 2021

Le Premier ministre britannique, englué dans une multitude de scandales, pourrait perdre son poste. Une première illustration de sa position précaire à la tête du gouvernement a été donnée mardi au Parlement par les députés de son propre camp.

Les temps ont bien changé au Royaume-Uni. À tel point que même la menace d’un déferlement du variant Omicron sur le pays – le nombre de cas quotidien atteint les 2 000 par jour désormais –, n’a pas convaincu les députés conservateurs de donner leur onction mardi au Plan B concocté par le gouvernement contre la crise sanitaire. Preuve de la perte d’influence de Boris Johnson, c’est grâce aux travaillistes de l’opposition que sa batterie de mesures anti-Covid est passée. Les députés de la majorité s’étant prononcés à près de 100 voix contre.

Aux sources de cette rébellion, les nouvelles restrictions sanitaires dont le pass sanitaire désormais exigible dans certains lieux. Une mesure décrite comme liberticide par le camp conservateur. Mais ce n’est pas tout. La personne du Premier ministre cristallise aujourd’hui plus que jamais les critiques.

Scandales

En dehors du soupçon d’incompétence que son nom a toujours irradié, Boris Johnson est accusé de conduire le pays à travers deux boussoles : une sans ménagement pour la population meurtrie par le virus et une autre pour le chef du gouvernement et les siens qui semblent disposer de tous les droits.

En témoigne une vidéo de l’année écoulée impliquant des membres du staff de la primature, parue récemment dans le Daily Mirror. On y voit notamment l’attachée de presse de « BoJo », Allegra Statton, plaisantée avec plusieurs collègues au sujet d’une fête organisée quelques jours plus tôt à Noël, dans les locaux du Downing Street, la résidence du Premier ministre, au fort temps des restrictions sanitaires en 2020.

De quoi provoquer l’indignation de l’opinion. Le scandale qui s’ensuit est si retentissant qu’Allegra Statton a perdu son poste. Quant à Boris Johnson, il s’est répandu en excuses tout en niant la tenue de ladite fête.

La gaffe de trop

Mais cela n’a pas suffi à apaiser la colère populaire. Pour beaucoup, cet épisode représente la énième polémique à laquelle le Premier ministre se voit associer. Le dirigeant quinquagénaire est en effet soupçonné d’avoir rénové son luxueux appartement du Downing Street avec des fonds illégaux, ainsi que d’avoir fait évacuer des animaux de compagnie de Kaboul en août dernier.

Autant d’écarts qui ont fortement terni sa réputation, y compris dans son propre camp. Pour BoJo, la question n’est désormais plus s’il doit partir, mais plutôt quand le sera-t-il.

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