frank ilud 25 juillet 2026

Des responsables du département de l’Énergie ont reconnu avoir décidé la suppression de plusieurs milliards de dollars de subventions fédérales en fonction de l’orientation politique des États bénéficiaires.

Le 14e amendement des États-Unis a beau stipuler noir sur blanc que le gouvernement fédéral ne peut pas maintenir une ségrégation discriminatoire à l’encontre des citoyens. L’administration Trump, elle, semble s’en soucier bien peu.

En témoignent les nouvelles révélations du New York Times (NYT) concernant l’annulation, par la Maison Blanche en octobre dernier, de plus de 7,5 milliards de dollars de subventions fédérales accordées sous l’ère Biden à des projets d’énergie propre.

Une mesure motivée par le déni du changement climatique désormais assumé par ce pouvoir ? Pas vraiment. Si les responsables américains avaient invoqué la nécessité de préserver les ressources nationales face à des projets jugés économiquement non viables, la véritable raison, désormais connue, est tout autre.

Selon des documents judiciaires consultés par le NYT, l’administration fédérale a admis que les décisions relatives à ces subventions avaient été prises « uniquement sur la base de l’identité politique de l’État bénéficiaire ». En clair, selon que le projet se trouvait dans un État acquis aux démocrates ou non.

Un aveu qui révèle un mensonge

« Les 284 subventions résiliées concernaient des bénéficiaires situés et/ou exécutant leurs projets dans des États ayant attribué leurs grands électeurs à Kamala Harris en 2024 et disposant de deux sénateurs affiliés aux démocrates », a reconnu un avocat du département de l’Énergie, cité par le quotidien new-yorkais.

Le contraste est saisissant avec les déclarations faites au lendemain de l’annonce des coupes par le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, sur CNN. Interrogé sur le fait que l’ensemble des contrats annulés concernait des États remportés par Kamala Harris, il avait fermement nié viser uniquement les bastions démocrates, évoquant une « liste partielle » d’un processus en cours, avec la promesse de nouvelles annonces à venir.

Cette orientation s’inscrit dans la continuité d’une priorité ancienne du directeur du Bureau de la gestion et du budget (OMB), Russ Vought, qui plaide pour un redéploiement des financements des États démocrates vers des projets soutenus dans les États républicains, une logique largement documentée dans le programme Project 2025.

Une rupture avec les normes présidentielles

L’administration Biden, consciente de ce risque, avait même délibérément implanté certains projets d’énergie propre dans des circonscriptions et des États républicains, afin de compliquer de futures représailles ciblées de la part d’un président républicain.

Cette révélation pourrait faire basculer une polémique politique dans une dimension potentiellement explosive sur le plan juridique, dans la mesure où ces fonds relèvent du Congrès et que les États concernés étaient, en théorie, pleinement fondés à y prétendre.

Pour les analystes de CNN, il s’agit d’un exemple supplémentaire d’une présidence qui s’écarte radicalement de la tradition selon laquelle un président américain gouverne pour l’ensemble des citoyens, indépendamment de leur vote.

Cette logique de représailles a nourri les inquiétudes de certains juges de la Cour suprême, notamment lors des débats sur l’immunité présidentielle, où la question de possibles mesures de rétorsion politique avait déjà été soulevée.

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