L’Australien est provisoirement suspendu en attendant d’en savoir plus sur les circonstances dans lesquelles le produit illicite a pu se retrouver dans son sang. Un coup d’arrêt majeur dans la carrière de ce surdoué et erratique personnage de la balle jaune.
C’est une mesure disciplinaire en vigueur depuis le 4 août, mais qui n’a été officialisée que deux semaines plus tard : Nick Kyrgios est temporairement écarté des courts par l’Agence internationale d’intégrité du tennis (ITIA).
En cause : la détection dans son organisme, lors d’un contrôle antidopage, d’un métabolite de cocaïne. Autrement dit, une substance chimique produite par le corps lorsqu’il décompose (métabolise) ce stupéfiant.
Contrairement à la poudre elle-même, qui disparaît rapidement de la circulation sanguine (souvent en quelques heures), certains dérivés peuvent être décelés dans l’urine pendant deux à quatre jours (parfois davantage en cas d’usage régulier).
D’après l’ITIA, l’échantillon incriminé a été prélevé lors d’un tournoi secondaire à Majorque en juin et confirmé positif le 17 juillet. Le joueur de 31 ans avait été éliminé d’entrée de jeu par son compatriote Adam Walton en deux sets.
« Une énorme erreur »
Il risque entre trois mois et quatre ans d’exclusion, selon qu’il ait consommé le produit délibérément, et avant ou après l’épreuve. Dans un communiqué publié peu après l’annonce, le natif de Canberra, qui n’a pas contesté la décision de l’instance, a présenté ses excuses à ses supporters, à sa famille, à ses sponsors, et tout particulièrement aux enfants qui le suivent et s’identifient à lui.
« J’ai commis une énorme erreur et j’en assume l’entière responsabilité », a-t-il écrit, promettant de revenir en meilleure forme après un break, loin des réseaux sociaux. Il s’est par ailleurs confié sur les épreuves de ces dernières années, marquées par plusieurs pépins physiques.
Le plus sérieux reste la rupture complète d’un ligament stabilisateur survenue en 2023, nécessitant une reconstruction totale du poignet. Depuis, l’athlète, limité à quatre rencontres seulement disputées en 2026, peine à retrouver son meilleur niveau.
Le point culminant d’une carrière de « bad boy »
« Ces deux dernières années, les blessures m’ont énormément affecté, physiquement et mentalement. Mon corps n’a pas pu répondre à mes attentes, et accepter la fin de ma carrière a été plus difficile que je ne l’avais imaginé. (…) Renoncer à quelque chose qui a été toute ma vie est l’une des choses les plus difficiles que j’aie jamais eu à affronter. Par moments, je me suis senti impuissant et seul », a expliqué le finaliste de Wimbledon 2022.
Des propos qui font écho aux tourments et à la dépression traversés par l’Australien tout au long de son parcours, qu’il avait déjà publiquement évoqués en 2020 et 2022. Désormais 919e mondial, Nick Kyrgios restera, hélas, l’archétype d’un prodige qui n’aura jamais pleinement concrétisé son potentiel.
Avec seulement sept titres ATP en simple en plus d’une décennie sur le circuit et un pic au 13e rang, il n’aura laissé personne indifférent, tant par ses coups d’éclat raquette en main que par ses débordements extrasportifs.


