La rédaction 16 août 2026

Des chercheurs américains sont parvenus, à force de stimulation des cellules coniques individuelles, à provoquer dans le cerveau une sensation de vert jamais observée auparavant.

Olo. Le terme ne vous dit sans doute rien. Il s’agit pourtant du fruit d’une expérience à la fois inédite et fascinante mettant en exergue les trois cellules coniques (ou cônes) situées au fond de l’œil, dans la rétine.

Le nom désigne en effet la nouvelle sensation de « couleur » obtenue par des scientifiques américains grâce à la stimulation de ces récepteurs, qui permettent de capter la lumière et de voir.

Elles sont représentées par les lettres : L pour « Longue longueur d’onde », M pour « Medium » (longueur d’onde moyenne) et S pour « Short » (courte longueur d’onde). La première correspond au rouge, la deuxième au vert et la troisième au bleu.

Les faits, tels que racontés par le New Yorker, remontent à plus de dix ans. En 2016, Ren Ng, professeur d’informatique à l’université de Berkeley, s’est pris d’une drôle de curiosité : que se passerait-il si l’on envoyait au cerveau le signal non pas des trois cônes à l’origine de la perception des couleurs, mais d’un seul ?

Un vert plus pur que ce qui existe

La réponse a été fournie par Oz Vision, une technologie développée par le laboratoire d’Austin Roorda à Berkeley. Elle embarque un système d’imagerie rétinienne à très haute précision, capable de photographier de façon microscopique une portion de rétine et d’y cartographier la disposition exacte des cônes individuels.

À cela s’ajoute une capacité de ciblage laser de précision, permettant de projeter de la lumière sur une seule cellule conique, ou sur un groupe précis de récepteurs, tout en évitant ceux qui sont voisins.

À partir d’une stimulation de mille cônes M – sans inclure les autres – grâce à ce laser d’Oz Vision, les chercheurs ont pu produire une sensation de couleur bien plus saturée que n’importe quel vert existant auquel l’œil humain est habitué, y compris le plus pur qu’on puisse obtenir avec une vraie longueur d’onde lumineuse.

Une couleur pourtant invisible

D’où le terme olo (o-l-o), tiré de la séquence 010 associée à cette cellule. C’est-à-dire 0 stimulation sur le rouge, 1 stimulation sur le vert, 0 stimulation sur le bleu. Autant dire quelque chose que la nature n’est pas capable de faire.

Parce que toutes les couleurs, même le vert, dépendent de l’activation de ces deux autres cônes pour que nous puissions les percevoir. De fait, aucune caméra ne peut photographier l’olo, aucune imprimante ne peut non plus le reproduire. Par ailleurs, il n’existe pas de pigment olo. Et seules cinq personnes l’ont vu, en l’occurrence les cinq volontaires de cette étude.

Cette nouvelle expérience rappelle une réalité bien plus ancienne. À savoir que la couleur n’est pas une propriété de la lumière, mais plutôt une construction du cerveau humain. Des personnes différentes peuvent légitimement percevoir différemment la même image, la même source lumineuse.

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