L’homme de 39 ans a pu empêcher que son avion ne s’écrase malgré de multiples coups de couteau assénés par son copilote, manifestement désireux de perpétrer un attentat terroriste.
Difficile de savoir ce que la maman de Smit Machchhar pense de l’incident du mercredi 30 septembre, mais la peur qu’elle avait éprouvée en apprenant, il y a plus de 20 ans, que son fils s’engageait dans l’aviation a dû ressurgir.
Car le pilote ultra-expérimenté, fort de près de 9 750 heures de vol à son compteur, a vécu une expérience à nulle autre pareille ce jour-là. Alors qu’il avait embarqué à Dubaï avec 174 passagers sur un vol de la compagnie nationale Flydubai à destination de Tel-Aviv, Machchhar a été agressé par son copilote omanais.
Selon des responsables israéliens et des témoignages de passagers, ce dernier aurait porté plusieurs coups de couteau à son commandant de bord à la suite d’une altercation. Malgré une importante perte de sang, Smit a réussi à ouvrir la porte du cockpit.
« Je ne pouvais pas les laisser mourir »
Des passagers s’y précipitent et finissent par maîtriser l’agresseur. Entre-temps, l’appareil, qui piquait du nez et avait d’ores et déjà perdu environ 17 000 pieds d’altitude en 60 secondes, d’après les relevés du site spécialisé Flightradar24, effectue un atterrissage d’urgence en Arabie saoudite grâce au concours des deux autres pilotes de Flydubai présents parmi les passagers.
« À cet instant, je me battais pour ma propre vie. Mais à un moment, j’ai compris qu’il fallait que je fasse quelque chose. J’étais tombé. J’avais subi tellement de blessures que je m’étais effondré. Je me suis alors dit qu’il fallait que je me relève. Je savais parfaitement qu’il me fallait un dernier effort pour pousser la porte », a raconté Smit Machchhar lors d’un entretien vidéo avec le Premier ministre indien Narendra Modi, le 2 octobre, depuis son lit d’hôpital.
« Je disais à tout le monde que je l’avais fait pour sauver ma propre vie. En même temps, je savais aussi que je ne pouvais pas les laisser mourir », a poursuivi celui qui, selon Reuters, était prédestiné à la gestion de l’entreprise familiale de textile, avant que la passion de l’aviation ne le gagne à 19 ans.
Un acte d’un héroïsme exceptionnel
« Contrairement à beaucoup d’autres aviateurs aujourd’hui, l’aviation n’était pas un rêve d’enfance. Elle est entrée dans ma vie bien plus tard », expliquait-il dans un entretien accordé à un podcast diffusé sur YouTube en 2025.
Depuis, cet homme originaire de Mumbai, passé par la compagnie aérienne indienne SpiceJet avant de rejoindre Flydubai il y a quatre ans, prend son métier très à cœur. Comme le rapporte Reuters, il n’hésite pas à retarder des vols pour que le voyage se déroule bien.
« Le retard n’est pas ce qui me préoccupe. Ce que je veux, c’est que vous puissiez sortir de l’avion sur vos deux jambes », déclare ce héros unanimement salué, qui, « face à un danger extrême, a fait preuve d’un immense courage et d’une détermination inébranlable à protéger la vie des autres », selon Modi.


