Le sénateur démocrate de Géorgie se pose en principal poil à gratter d’une administration Trump que rien ne semble atteindre jusqu’à présent. De quoi le propulser sur la route de Washington ?
La campagne des élections de mi-mandat aux États-Unis, prévues en novembre prochain, offre l’occasion de jauger les candidats, parfois au-delà de ce seul scrutin. Elle constitue une sorte de baromètre avant la bataille fatidique : celle de la présidentielle de 2028.
Dans ce contexte, un homme attire particulièrement l’attention dans le camp démocrate : Jon Ossoff. En lice pour sa réélection au Sénat sous les couleurs de la Géorgie — un État remporté par Donald Trump en 2024 —, ce natif d’Atlanta détonne par son discours incisif contre les Républicains et, surtout, contre l’administration fédérale.
« Il veut construire sa salle de bal et voyager avec Natalie [Harp] dans leur palais volant apparemment sans défense offert par l’émir du Qatar », avait-il ainsi lancé le 16 août dernier, lors d’un rassemblement de campagne, à propos de l’assistante spéciale du président.
Un habile manieur de discours
Celle-ci serait à la fois si proche et si dévouée au locataire de la Maison Blanche qu’elle aurait, selon des révélations de CNN, accepté de voyager dans le coffre d’un véhicule transportant Trump en 2023, faute de place assise disponible.
Habitué des phrases chocs, Ossoff a axé sa campagne sur un sujet qui transcende les divisions au sein du Parti démocrate : la corruption.
« Un président compétent agirait rapidement pour protéger et rassurer le peuple américain, enverrait d’urgence des inspecteurs dans les laboratoires de pointe et renforcerait la nation contre le bioterrorisme. Mais le président Trump est compromis », a-t-il déclaré lors d’un récent meeting à Athens, en référence aux intérêts du locataire du Bureau ovale dans la tech.
Selon Elaine Godfrey, journaliste à The Atlantic présente sur place, Ossoff se distingue par sa capacité à faire résonner ses propos bien au-delà de son propre camp. Les interventions qu’il livre lors de ses événements électoraux semblent soigneusement conçues pour atteindre un public bien plus large que celui réuni dans ses rassemblements.
Un profil taillé pour la Maison Blanche ?
« C’est comme prendre une bonne douche que d’entendre ces choses dites avec autant de clarté. J’attends que les démocrates fassent cela depuis 15 ans », lui aurait confié Judith McWillie, une participante pour le moins enthousiaste.
La popularité de Jon Ossoff fait de lui l’un des possibles candidats à la primaire démocrate en vue de la présidentielle de 2028. Selon la journaliste Michelle Goldberg, du New York Times, le sénateur possède plusieurs atouts correspondant au profil recherché.
Malgré l’enthousiasme de ceux qui le présentent comme le candidat idéal des démocrates, Ossoff dément avoir 2028 en ligne de mire. Il assure vouloir se concentrer sur sa réélection de novembre et sur les habitants de Géorgie.
Quoi qu’il en soit, l’élu géorgien devra, d’après Elaine Godfrey, démontrer son habileté au-delà des discours préparés pour se donner une chance dans la course à la présidence. À 39 ans, le temps ne devrait pas lui manquer.


