Tim P 17 mai 2019
Kaia Gerber (14 ans) lors d'un défilé en février 2019

 

Le géant du luxe français Kering a annoncé ce mercredi qu’il n’embaucherait plus de mannequins mineurs pour représenter des adultes lors des défilés et séances photos de ses différentes marques. Cette annonce répond à la volonté du groupe d’être plus éthique, à la fois dans ses conceptions que dans ses pratiques de travail.

« Nous espérons créer un mouvement qui incitera d’autres à nous suivre »

Kering a annoncé ce mercredi qu’il ne ferait plus recours aux mannequins mineurs lors des défilés et séances photo pour le compte de ses marques, notamment Gucci, Saint Laurent et Alexander McQueen. « Nous avons conscience de l’influence exercée par les images produites par nos maisons, notamment auprès des jeunes générations. Nous estimons avoir la responsabilité de proposer les meilleures pratiques possibles dans le secteur du luxe et nous espérons créer un mouvement qui incitera d’autres à nous suivre », a expliqué le PDG de Kering, François-Henri Pinault, dans un communiqué. Cette nouvelle politique du géant français du luxe devrait entrer en vigueur dès les défilés de la saison automne-hiver 2020-2021.

Pour le groupe, il n’est donc plus acceptable de faire travailler des mineurs dans un environnement devenu très exigeant. Marie-Claire Daveu, directrice du développement durable et des affaires institutionnelles internationales du groupe, a appuyé les projets du PDG en affirmant que « Le niveau de maturité physiologique et psychologique de mannequins âgés de plus de 18 ans nous semble en effet plus approprié au rythme et aux exigences liés à cette profession ».

Le décès de Vlada Dzyuba, un gourdin sur la tête de l’industrie de la mode

Si Kering ne veut plus faire appel à des mineurs c’est parce que ces dernières mois, cette pratique a été fortement décriée. L’industrie de la mode a enfin ouvert les yeux quand, en février 2018, la mannequin russe Vlada Dzyuba, âgée de 14 ans, s’est effondrée dans les coulisses de la Fashion Week de Shanghai et est décédée à l’hôpital, peu après. A la  suite de ce drame, le directeur de casting James Scully avait dénoncé, lors de la « Fashion Week » parisienne, les conditions de casting de certaines agences, qui forçaient souvent les filles à attendre des heures dans un escalier. Et une fois qu’elles sont recrutées, ces adolescentes doivent encore subir des régimes drastiques qui leur font perdre du poids, jusqu’à l’extrême. Il y a en outre le problème des harcèlements sexuels, dont le magazine Vogue a fait part dans l’une de ses publications, dans le cadre du mouvement #MeToo. Enfin, le comble c’est que les mannequins adolescents abandonnent très souvent leurs études, n’ayant plus le temps de s’y consacrer. Tout le contraire des années 80 et 90 où les défilés étaient rares.

Une pratique qui a cours depuis…toujours !

Si l’embauche des mannequins mineurs fait débat depuis plusieurs mois, il faut souligner ce n’est pas une pratique nouvelle dans l’industrie du luxe. C’était même la norme, il fut un temps. Une jeune fille belle, svelte, frêle, ça faisait toujours recette. Ainsi Naomi Campbell (48 ans) a débuté sa carrière à 16 ans et Brooke Shields à tout juste 14 ans (en 1980) avec une couverture sur Vogue. Actuellement, l’étoile montante Kaia Gerber défile à l’âge de 17 ans et le filleul de feu Karl Lagerfeld, Hudson Kroenig, foule quelques fois le tapis rouge alors qu’il n’a que…11 ans.

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