Opiniatre 11 juillet 2020
Portrait posthume de Christophe Colomb peint par Sebastiano del Piombo.

 

Alors que les Etats Unis et le monde entier font face à une remise en cause de l’héritage colonial et esclavagiste, Donald Trump a qualifié samedi dernier Christophe Colomb de « découvreur » de l’Amérique. Un terme qui créé la polémique car renvoyant à une lecture eurocentrée de l’histoire.

Samedi 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, une statue de Christophe Colomb a été déboulonnée à Baltimore. Le même jour, Donald Trump a annoncé la création d’un parc de statues de héros américains, parmi lesquelles figurera le navigateur génois. Dans son discours, le président républicain a qualifié le navigateur de « découvreur » de l’Amérique. « Ensemble, nous allons nous battre pour le rêve américain, et nous allons défendre, protéger et conserver le mode de vie américain, qui a commencé en 1492 quand Colomb a découvert l’Amérique », a-t-il lancé. Dans une première liste, Donald Trump songe aussi à honorer la mémoire de George Washington, Martin Luther King, Davy Crockett, l’aventurier devenu héros de Disney, le prêcheur évangélique Billy Graham, Ronald Reagan, ou encore Antonin Scalia, juge de la juge Cour suprême et pilier de la droite conservatrice.

Avant Christophe Colomb, il y avait des civilisations amérindiennes

Annoncée sans consultation à quatre mois de la présidentielle, la démarche intervient au moment où, à travers les Etats Unis, des manifestants réclament le déboulonnage de certaines statues, en particulier celles des généraux sudistes, y voyant la célébration d’un passé raciste. La figure de Christophe Colomb est également associée à l’esclavage. Aujourd’hui, le qualificatif « découvreur de l’Amérique » qu’on lui attribue encore fait penser à une vision eurocentrée de l’histoire car des civilisations amérindiennes vivaient sur le continent bien avant l’arrivée de l’Européen.

« La “découverte” se serait initialement produite aux Caraïbes entre 6 000 et 13-14.000 ans avant Colomb, avec des mouvements de populations en provenance du sud et du nord du continent américain. Elle pourrait même avoir eu lieu bien avant sur le continent, si l’on se réfère à des fouilles au Mexique qui donnent à supposer une présence humaine dès 30-40.000 ans avant notre ère », relève Denis Crouzet dans son ouvrage Christophe Colomb, héraut de l’histoire (Presses universitaires de France). Pour le chercheur, Christophe Colomb n’a donc rien découvert.

Christophe Colomb, le premier européen en Amérique ?

Au mieux, le navigateur génois a découvert l’Amérique pour le monde occidental. Mais, même à ce niveau, il y a un doute comme le souligne Bernard Vincent, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, au site 20 Minutes : « Le terme de “découverte” est employé depuis des décennies. Ce qui est clair, c’est que probablement Christophe Colomb n’est pas le premier Européen à être allé en Amérique. On n’en a pas la preuve, car ceux qui s’y sont rendus ne sont pas revenus ». « Ce qui est important, avec Christophe Colomb, c’est qu’il est revenu. Et il est repartira, à trois reprises, avant de mourir en 1506 », ajoute-t-il.

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