Tim P 29 mai 2022
Dans le viseur d'un fusil de chasse.

 

Mardi, un adolescent a ouvert le feu dans une école primaire à Uvalde (Texas), tuant 19 jeunes enfants et deux adultes. Cette nouvelle tragédie relance le débat sur les armes à feu aux Etats Unis. Le président Joe Biden voudrait s’attaquer aux lobbys. Mais cette intention relève d’un vœu pieu en raison de l’opinion générale des Américains sur la question.

Le massacre annoncé sur les réseaux sociaux

Mardi aux alentours de 11h30, un adolescent de 18 ans a ouvert le feu dans une école primaire à Uvalde (Texas), tuant 19 enfants et deux adultes. L’assaillant a été abattu peu après par des policiers, entrés dans l’établissement par l’arrière. Identifié comme Salvador Ramos, le tireur avait d’abord visé sa grand-mère avant de se rendre à l’établissement scolaire.

La police ne connait pas encore les mobiles du jeune homme de 18 ans. Mais on sait qu’il se plaignait de ses études. Il aurait été harcelé à plusieurs reprises par ses camarades en raison de son bégaiement.  Quelques jours avant l’assaut, le 17 et le 20 mai, Salvador Ramos a acheté deux armes dans une armurerie de la ville. Il a ensuite publié des images de lui et de ses nouveaux « jouets » sur Instagram, avec un air plutôt sombre.

Joe Biden veut affronter le lobby des armes

La fusillade s’est produite alors que Joe Biden revenait de sa tournée en Asie. Le président américain a exprimé sa vive douleur et sa volonté de mettre fin à ce cycle de violence dans les écoles. Il estime qu’il est temps aujourd’hui de passer à l’action. « Quand, pour l’amour de Dieu, allons-nous affronter le lobby des armes? », a-t-il interrogé, peiné. La vice-présidente Kamala Harris a également tapé du poing sur la table. « Trop, c’est trop », s’est-elle emportée, avant d’appeler le Congrès à trouver le courage d’agir.

Comme elle, tous les Américains sont sous le choc face à ce massacre, qui s’ajoute à plusieurs autres drames dans le milieu scolaire. L’on se rappelle notamment de la fusillade de 2018 dans une école secondaire de Parkland, en Floride. Cette attaque avait fait 17 morts, dont une majorité d’adolescents. Il y a eu aussi la tuerie de Sandy Hook (ou de Newtown) dans le Connecticut, en 2012. Un déséquilibré de 20 ans avait tué 26 personnes, dont 20 enfants âgés de 6 et 7 ans. Il s’était ensuite suicidé.

Une législation très permissive

La nouvelle tuerie d’Uvalde relance le débat sur l’achat et le port d’armes aux Etats Unis. Ce droit est inscrit dans le très permissif Second Amendement, boîte de Pandore de toutes les dérives au pays de l’Oncle Sam. Quelques présidents démocrates ont tenté de légiférer sur la question, comme Barack Obama. Mais le premier président américain noir avait vite jeté l’éponge au bout de quatre mois seulement face à un Congrès totalement bloqué. En effet, pour modifier un amendement dans la Constitution, il faut avoir une majorité. Il faut obtenir deux tiers de chaque Chambre et trois quarts des États qui ratifient la modification. Ce qui est quasiment impossible.

Une population attachée à son droit à se protéger

A l’image du Congrès, la société américaine est très bipolarisée dans son ensemble. La plupart des citoyens américains estiment avoir le droit de s’armer pour assurer leur défense, celle de leurs biens, de leur famille, de leurs compatriotes (face à un gouvernement tyrannique) et de leur pays (face à une agression étrangère). Cette opinion est fortement ancrée chez les sénateurs Républicains. Au niveau des Démocrates, les élus souhaitent faire bouger les lignes. Mais là aussi ils se heurent à l’opposition même de leurs militants, à majorité ruraux.

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