frank ilud 30 avril 2026

La ville canadienne a rejeté la demande d’escorte de niveau maximal formulée pour le président de l’instance mondiale du football dans le cadre de son séjour sur place en marge du Congrès de la FIFA.

Gianni Infantino se rêverait-il en chef d’État ? Il n’est pas exclu que le dirigeant italo-suisse de la FIFA se soit laissé quelque peu griser par le pouvoir, à force de fréquenter les grands de ce monde, au premier rang desquels figure le président américain Donald Trump.

Mais Vancouver a tenu à le ramener à la réalité : celle d’un simple patron d’organisation à but non lucratif, fût-elle à la tête du sport le plus populaire au monde. En amont de sa visite dans la métropole de Colombie-Britannique pour le 76e Congrès de la FIFA cette semaine, une demande particulière avait été formulée : bénéficier d’un dispositif de niveau 4, la classification sécuritaire la plus élevée en usage au Canada.

Soit le même protocole d’escorte déployé pour les visites du Pape ou du président des États-Unis. Ce type de convoi confère le droit de traverser les carrefours sans s’arrêter aux feux rouges et implique la fermeture temporaire d’axes routiers. Une requête que la police de Vancouver et la mairie ont jugée disproportionnée, et qu’elles ont sèchement retoquée.

Une ville hôte qui pose ses limites

« Étant donné que les dirigeants de la FIFA ne répondent pas aux critères de Personne Protégée à l’échelle internationale (IPP) qui justifieraient une telle escorte, la demande a été refusée », a déclaré le sous-chef de la police, Don Chapman, dans un communiqué cité par l’Associated Press.

D’après le bureau du maire Ken Sim, les dispositions en matière de transport seront « appropriées, mesurées et cohérentes avec la manière dont Vancouver accueille en toute sécurité les grands événements internationaux ».

Une formulation sans équivoque qui rappelle que, même lors d’un événement aussi structurant que la Coupe du monde 2026 — Vancouver devant accueillir sept rencontres cet été, dont des matchs de poule et des huitièmes de finale —, les autorités municipales entendent garder la main sur la gestion de l’espace public.

La FIFA, visiblement soucieuse de limiter les retombées médiatiques de l’incident, s’est empressée de préciser qu’Infantino n’était ni informé ni impliqué dans la formulation de cette demande.

Un contexte social et sécuritaire explosif

L’organisation indique que la logistique de l’ensemble des délégués a été confiée aux organisateurs locaux de FWC26 Canada. Une mise au point qui n’a pas suffi à éteindre la polémique, tant l’image d’un dirigeant sportif bénéficiant d’égards de chef d’État choque dans une ville déjà remontée contre le coût faramineux du Mondial.

La question de l’escorte s’inscrit en effet dans un débat de fond qui agite Vancouver depuis des mois : celui du prix politique et financier de la compétition coorganisée avec les États-Unis et le Mexique.

Selon plusieurs médias locaux, la facture sécuritaire liée à l’organisation de la Coupe du monde dans la ville avoisinerait les 325 millions de dollars canadiens. De quoi susciter l’indignation d’une partie de l’opinion et des élus, dans une métropole confrontée à des crises aiguës du logement et du système de santé.

À ce contexte social tendu s’ajoute une dimension sécuritaire. Vancouver demeure en état de vigilance renforcée depuis une attaque au véhicule-bélier qui a récemment endeuillé la communauté philippine de la ville. Les autorités locales se montrent ainsi particulièrement attentives à toute pratique susceptible d’être perçue comme un traitement d’exception accordé à des personnalités étrangères.

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