Andrew et Tristan Tate voient leurs soutiens, autrefois si loquaces, se murer dans le silence depuis leur arrestation à Miami à la demande du Royaume-Uni.
« Je ne savais pas qu’ils pouvaient être arrêtés ». Cette déclaration de Paolo Zampolli, citée par le New York Times (NYT), illustre à elle seule à quel point Andrew et Tristan Tate sont devenus, depuis leur arrestation le dimanche 19 juillet à Miami, des figures dont plus personne ne souhaite s’associer.
Ce propos est d’autant plus révélateur que, deux jours plus tôt, cet envoyé spécial de Donald Trump recevait les deux frères en grande pompe à Washington. Mais Zampolli reconnaît désormais, toujours selon le NYT, avoir sous-estimé la gravité des accusations visant les influenceurs masculinistes.
D’après le quotidien new-yorkais, il n’est que l’un des nombreux soutiens à prendre ses distances. De l’avocate et ancienne conseillère de Donald Trump, Alina Habba — qui affichait encore récemment son soutien — à certains membres de l’entourage présidentiel, en passant par des figures influentes de la droite américaine, beaucoup se sont depuis faits discrets.
Un dossier judiciaire alourdi à 59 chefs d’accusation
Même le locataire de la Maison Blanche n’aurait évoqué le sujet avec aucun membre de son administration, selon des sources proches citées par le New York Times.
Andrew et Tristan Tate, de nationalité britannique et américaine, ont été interpellés après l’annonce par les autorités britanniques de 38 nouveaux chefs d’accusation les visant, concernant sept victimes présumées entre 2010 et 2017.
Selon la police du Bedfordshire, Andrew Tate fait désormais face à 42 chefs d’accusation, dont viol, traite d’êtres humains à des fins sexuelles et détention d’images pédopornographiques, tandis que son frère Tristan en compte 17, notamment pour viol et exploitation sexuelle.
Les deux hommes, qui clament leur innocence depuis plusieurs années, dénoncent une campagne de dénigrement médiatique. Ce n’est pas la première tentative des autorités britanniques de les faire juger sur leur sol, ces personnalités aux millions d’abonnés connues pour leurs contenus valorisant la richesse, une certaine vision de la masculinité et des prises de position controversées sur les rapports entre les sexes.
Marco Rubio, arbitre final du dossier
En 2024, la police du Bedfordshire avait obtenu des mandats d’arrêt européens afin de les faire extrader depuis la Roumanie, où ils faisaient l’objet d’une procédure distincte. Un tribunal roumain avait alors estimé que cette affaire locale devait être traitée en priorité avant tout transfert vers le Royaume-Uni.
Ce n’est qu’en 2025, après la levée de leurs restrictions de déplacement en Roumanie, avec l’appui de Washington selon le NYT, que les deux hommes ont pu se rendre aux États-Unis, accentuant le contraste avec leur situation actuelle. Plutôt que de statuer immédiatement sur leur maintien en détention, la juge fédérale américaine Lauren Lewis a fixé une nouvelle audience au 13 août prochain.
Cette échéance devra déterminer si les deux frères resteront incarcérés ou seront remis en liberté pendant la poursuite de la procédure d’extradition vers le Royaume-Uni, un processus qui pourrait, selon les observateurs, s’étendre sur plusieurs mois.
En dernier ressort, il reviendra au secrétaire d’État américain, Marco Rubio — qui a lui aussi indiqué ne pas vouloir interférer dans une procédure judiciaire en cours — de trancher après la décision de justice.


