frank ilud 9 octobre 2026

L’eurodéputée voit son livre, censé dénoncer la mauvaise gestion des ressources de l’État, faire un tabac dans les librairies. Sauf que l’ouvrage, particulièrement ambitieux par son volume, se fonde sur un mauvais postulat, selon les critiques.

Plus de 200 000 exemplaires écoulés en moins d’un mois. Il n’y a pas à dire : Sarah Knafo fait un carton avec son nouveau livre, Le Casse du siècle, paru le 2 septembre dernier aux éditions Fayard.

Ce succès est d’autant plus remarquable que l’eurodéputée Reconquête ! ne manque pas de concurrents en librairie, entre Unir, de François Hollande (Robert Laffont), et Décidément NON ! Le RN : ce que nous ne pouvons pas taire (Plon), coécrit par Roselyne Bachelot et Éric Dupond-Moretti.

L’élue du parti d’Éric Zemmour a notamment pu compter sur le soutien du groupe Bolloré — dont l’apport aux causes de l’extrême droite ne fait plus l’ombre d’un doute — pour promouvoir cet ouvrage, dont le tirage initial de 100 000 exemplaires a très vite été dépassé.

Outre Fayard, qui en assure l’édition, les médias du milliardaire breton — de CNews au JDD — ont été aux petits soins pour elle ces dernières semaines, déployant un dispositif marketing rodé.

La fiche de paie comme « pièce à conviction »

« Ce que j’explique aux Français, c’est que, oui, ils sont victimes d’un casse », défend Sarah Knafo sur les antennes de RTL. Elle prend l’exemple d’un employé au salaire médian de 2 000 euros nets par mois, auquel l’État aurait grugé un million d’euros au total au cours de sa vie, via des prélèvements divers.

« Cette différence, je l’ai suivie à la trace. Mon livre part de la première ligne de la fiche de paie pour arriver à la dernière ligne de la dépense publique », affirme-t-elle encore, évoquant « un casse qui se chiffre en milliers de milliards d’euros ».

Des députés aux présidents, Knafo met tous les gouvernants au banc des accusés. Sa panacée : un « plan d’enrichissement » censé générer 130 milliards d’euros d’économies à travers la suppression de plusieurs structures, dont l’Arcom, et de diverses mesures sociales et fiscales.

Un « populisme grossier »

Parmi celles-ci figurent les aides sociales, les allocations ainsi que la taxe sur l’héritage, décrite comme « immorale ». Reste que la majorité des Français ne paient pas cet impôt, comme le relèvent plusieurs commentateurs.

« À quoi cela sert-il de supprimer un impôt qui ne concerne pas la majorité des Français, pour faire des économies, à part être efficace en matière d’impact ? », se demande ainsi Marc-Olivier Fogiel sur RTL.

Pour l’émission Quotidien, les 286 pages du livre relèvent d’un « populisme grossier ». « C’est de l’idéologie d’extrême droite pur jus, déguisée en mesures d’économie. Le tout dans un livre qui n’arrête pas d’invoquer le bon sens », cingle l’émission, qui renvoie Sarah Knafo et son compagnon, Éric Zemmour, à leurs indélicatesses avec les comptes de campagne.

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