frank ilud 22 octobre 2026

L’institution basée à La Haye obtient ainsi une nouvelle distinction, à l’heure où elle lutte pour sa survie sous les coups de boutoir de l’administration Trump.

La Cour pénale internationale s’est vu décerner, jeudi 22 octobre, le prix Sakharov au titre de 2026, succédant ainsi aux journalistes Andrzej Poczobut, de Biélorussie, et Mzia Amaglobeli, de Géorgie, lauréats l’année dernière.

« Ce prix salue le travail important accompli par la Cour pour faire respecter le droit international et la justice », a déclaré la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, lors de l’annonce.

Décerné depuis 1988 et baptisé du nom de l’ancien dissident soviétique, le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit représente la plus haute distinction de l’Union européenne dans le domaine de la défense de la liberté et des droits humains.

De quoi offrir à ses lauréats une certaine visibilité internationale pour les causes défendues, ainsi qu’un soutien du Parlement européen. Des appuis qui ne seraient pas de refus pour la CPI en ce moment.

Une juridiction au creux de la vague

Basée à La Haye, aux Pays-Bas, la Cour, chargée d’enquêter sur les crimes les plus graves au monde, comme les génocides, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, est sous une intense pression, particulièrement depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir.

Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, a ainsi promis de la démanteler « brique par brique », la qualifiant de « tribunal voyou ». L’institution, qui a récemment perdu son procureur, Karim Khan, dans une affaire d’accusations de violences sexuelles sur une collaboratrice, croule sous une batterie de sanctions américaines.

Entre gel des avoirs, restrictions d’entrée aux États-Unis et interdictions de transactions, ses juges sont entravés dans l’exercice de leurs fonctions. En cause, l’offensive de la CPI contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis à Gaza.

Un an plus tôt, un mandat d’arrêt avait été émis contre Vladimir Poutine — un autre dirigeant qui jouit de la mansuétude de Donald Trump — pour l’enlèvement et la déportation présumés d’enfants ukrainiens vers la Russie.

Un soutien européen assumé

« Dans ce contexte, le prix Sakharov revêt une importance particulière. Il réaffirme le rôle essentiel des institutions judiciaires indépendantes et de celles et ceux qui œuvrent au respect du droit international », a réagi la présidente de la CPI, Tomoko Akane.

« L’Union européenne repose sur le respect du multilatéralisme et des institutions internationales », a insisté pour sa part Roberta Metsola, alors que cette distinction intervient quelques jours seulement après l’attribution du Nobel de la paix à l’ancienne juge de la CPI Navi Pillay.

Au grand dam d’un Donald Trump dont la vieille obsession pour cette récompense est abondamment documentée. « Je ne sais rien de cette femme, et personne d’autre non plus ! », a réagi le président américain en référence à Pillay, qui a fait du combat pour la justice internationale l’histoire de toute une vie.

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