frank ilud 6 novembre 2026

Le vice-président américain attribue la défaite des républicains aux élections de mi-mandat à la guerre en Iran. Au risque de désavouer le chef de l’État ?

Aux États-Unis, l’après-midterms pique chez les républicains, et ce, jusqu’au sein de la Maison-Blanche. L’un des premiers responsables à réagir à la vague bleue – en référence à la couleur du Parti démocrate – n’est autre que le vice-président J. D. Vance.

Dans une longue tirade publiée sur X le 4 novembre, au lendemain du scrutin, il s’en est pris à l’un des principaux axes de la politique étrangère du président Trump, précisément la guerre en Iran, décrite comme le catalyseur de la colère des électeurs à l’égard du pouvoir.

« La raison de notre défaite, c’est la guerre », a-t-il écrit sans ambages, évoquant les analyses de plusieurs sondeurs réputés – sans les nommer –, qui auraient constaté que beaucoup d’anciens électeurs du trumpisme sont désormais désabusés.

Un interventionnisme remis en cause

« Il a demandé à ces électeurs qui nous avaient tourné le dos ce qui pourrait les ramener dans notre camp. Les quatre premières réponses, qui représentaient la quasi-totalité des réponses recueillies, étaient les suivantes : mettre fin à la guerre, se concentrer sur le coût de la vie et l’inflation, faire passer l’Amérique d’abord, modifier notre relation avec Israël », a-t-il énuméré au sujet de l’un de ces sondeurs mystères.

S’il prend soin de ne pas attaquer frontalement le chef de l’État, J. D. Vance n’en remet pas moins en cause son interventionnisme. Une politique que ce dernier dit ne pas regretter le moins du monde.

« Je pense que c’est en grande partie vrai, parce que cela a fait un peu monter le prix de l’essence à court terme. C’est donc probablement vrai. Mais en même temps, si c’était à refaire, je le referais, parce qu’à long terme, c’est la seule solution. On ne peut pas laisser l’Iran se doter d’une arme nucléaire », a rétorqué Donald Trump, interrogé sur les propos de son vice-président.

2028 déjà en ligne de mire

Pour les observateurs, cette séquence illustre les jeux de coulisses dans la perspective de l’élection présidentielle de 2028.

« En fait, ceux qui ont pris la parole pour se désolidariser de Donald Trump et critiquer la stratégie qui a été la sienne pour ce scrutin sont ceux qui s’aligneront sans doute pour la primaire républicaine », relève Matthieu Mabin, correspondant de France 24 à la Maison-Blanche.

Il estime que la sortie de Vance traduit la difficulté du camp présidentiel à assumer la défaite aux midterms et, plus globalement, l’héritage de Trump.

« Regardez les circonvolutions auxquelles doit, par exemple, se plier Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, pour formuler une parole diplomatique cohérente et structurée après les déclarations impossibles à assumer de son président », ajoute le jou

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