Un jeune texan de 20 ans fait l’objet d’inculpation pour avoir voulu incendier la résidence du PDG d’OpenAI et le siège du géant de l’intelligence artificielle, au nom d’une hostilité présumée à cette technologie.
Mis sous pression par ses concurrents, notamment Anthropic, et cible d’articles peu flatteurs dans la presse, Sam Altman doit désormais aussi faire face à des menaces contre son intégrité physique.
Les forces de l’ordre ont en effet arrêté, dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril, devant le siège social d’OpenAI à San Francisco, un homme d’une vingtaine d’années qui, selon les informations recueillies sur place par les enquêteurs, était venu « brûler les lieux et tuer tout le monde à l’intérieur ».
Une heure plus tôt, l’intéressé, identifié comme Daniel Moreno-Gama, 20 ans, domicilié à Spring, dans la banlieue de Houston, au Texas, avait jeté un cocktail Molotov contre les murs de la maison du PDG de l’entreprise d’intelligence artificielle, dans le quartier de Russian Hill, avant de prendre la fuite.
Lors de son interpellation, les forces de l’ordre ont retrouvé sur lui un ensemble de matériaux révélateurs, dont un jerrican de kérosène, un briquet et un document manuscrit de vingt-trois pages.
Un plan prémédité, une liste de cibles, un manifeste
Ce texte, qui a également été envoyé depuis une adresse électronique portant son nom à plusieurs rédactions américaines, dont NBC News, peu après l’attaque, constitue une diatribe radicale contre le développement de l’intelligence artificielle.
Moreno-Gama y décrit l’IA comme une menace existentielle pour l’humanité, évoque une « extinction imminente » liée à cette technologie et dresse la liste de noms et d’adresses de dirigeants, de membres de conseils d’administration et d’investisseurs de plusieurs grandes entreprises du secteur.
Il y écrit également, selon les documents judiciaires : « Si je dois appeler les autres à tuer et à commettre des crimes, je dois montrer l’exemple et prouver que je suis sincère dans mon message. » Si ni Altman, ni sa famille, ni l’agent de sécurité présent sur place n’ont été blessés, la procureure du district de San Francisco, Brooke Jenkins, s’est voulue ferme sur la gravité des faits lors d’une conférence de presse organisée lundi 13 avril conjointement avec le FBI.
De lourdes inculpations
« Cela aurait pu coûter la vie à cet homme. Nous traitons ce comportement pour ce qu’il est : une tentative d’assassinat sur la personne de M. Altman, et un danger extrême pour ceux qui l’entourent et travaillent pour son entreprise », a-t-elle déclaré, soulignant que le bureau du district poursuivra l’affaire « avec toute la sévérité que la loi permet ».
Au niveau fédéral, Daniel Moreno-Gama fait face à des charges de possession d’arme à feu non enregistrée et de destruction de biens au moyen d’explosifs, passibles respectivement de dix et vingt ans de prison.
Au niveau de l’État de Californie, le bureau du procureur a retenu deux chefs de tentative de meurtre — visant à la fois Sam Altman et un agent de sécurité présent à la résidence — ainsi qu’une tentative d’incendie criminel. Ces charges sont passibles d’une peine allant de dix-neuf ans à la réclusion à perpétuité.
Sam Altman a choisi de répondre publiquement quelques heures après l’attaque, déclarant que « la peur et l’anxiété face à l’IA sont justifiées ». Il appelle toutefois à « désamorcer la rhétorique et les tactiques » pour éviter « moins d’explosions dans moins de maisons, au sens figuré comme au sens propre ».


